Île de Métal du Docteur Mojo

Illustration officielle de Clément de Ruyter
Au large de Tourne-Bouchon, perdue dans la brume et les embruns, une bâtisse d'acier et de fonte repose au-dessus de l'eau sur un enchevêtrement de gigantesques piliers rouillés. Quand le vent souffle fort, la structure oscille et grince. Le sel attaque partout et la corrosion progresse.
Cette ancienne plateforme pétrolière est le repaire du Docteur Mojo, une pieuvre en combinaison colorée à l'accent maniéré. Son assistant, le macareux Gomery, l'aide dans ses expériences sur des bêtes que lui livrent quelques pirates peu scrupuleux.
Il veut leur donner la parole et reproduire le miracle survenu à la disparition des humains. Ses méthodes sont peu orthodoxes : potions d'algues à heure fixe, puis exercices de parole et de gestes.
Dedans, on circule par des sas, des coursives et des escaliers rouillés, glissants et instables. L'ambiance est celle d'un zoo grotesque plus que d'un laboratoire sinistre : Gomery fait la leçon de poésie à des poules pendant que Mojo offre un bol de soupe bleue à des cochons peu enthousiastes.
Mojo cultive la réputation sinistre de son île pour effrayer les curieux et gagner le respect des pirates avec qui il traite. Le capitaine crabe Pince-Bleue écume les mêmes eaux.